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Marty supreme

la note moyenne est 4.1 sur 5

Avec Marty Supreme, Josh Safdie poursuit son exploration d’hommes jeunes, nerveux, propulsés dans des spirales d’ambition et de chaos. On retrouve ici ce qui faisait la force de Uncut Gems : un rythme cardiaque élevé, une tension quasi permanente, et une fascination pour les personnages qui jouent leur destin à quitte ou double.

Mais Marty Supreme ne se contente pas d’être une redite. Là où Uncut Gems baignait dans le clinquant new-yorkais, ce nouveau film adopte une tonalité plus intime, presque mélancolique. Marty n’est pas seulement un joueur ; c’est un rêveur fiévreux, persuadé que le monde lui doit sa grandeur.

Marty supreme

Marty n’est pas un simple flambeur moderne. C’est un jeune roi sans royaume, persuadé que la grandeur est une question de volonté, que le monde finira bien par reconnaître son éclat. Le film épouse son rythme cardiaque : dialogues qui s’entrechoquent, silences qui s’étirent, caméra collée au visage comme une conscience trop bruyante. On ne regarde pas sa trajectoire, on la traverse avec lui, essoufflé.

Dans ce chaos maîtrisé, Timothée Chalamet impressionne. Il compose un Marty à la fois solaire et fissuré, magnétique et déjà fatigué. Son jeu tient dans les détails : un regard qui vacille une demi-seconde, une arrogance qui sonne parfois comme une prière. Il donne au personnage une densité fragile, presque romantique, et transforme ce récit d’ascension en chronique d’une lente implosion.

Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le film ausculte notre époque. La réussite y apparaît comme une drogue dure, injectée dès l’adolescence, alimentée par le bruit constant du monde. Réussir, mais à quel prix ? Être au sommet, mais pour combien de temps ? Marty Supreme ne moralise pas ; il observe. Il montre comment l’ego devient moteur, puis carburant, puis incendie.

Sous ses allures de thriller nerveux, le film esquisse une critique plus large de la culture de la performance, du paraître, et de l’ego comme moteur principal.

Intense, inconfortable, parfois excessif, Marty Supreme est un film qui ne laisse pas indifférent. Il confirme le talent de Josh Safdie pour filmer les trajectoires brûlantes, et offre à Timothée Chalamet un rôle à la hauteur de son aura.

Chronique ajoutée le 3 mars 2026 à 22h31.

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