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S'entendre - Guillaume Meurice

la note moyenne est 2.2 sur 5

Avec S’entendre, Guillaume Meurice part pourtant d’un sujet passionnant : les interactions entre les orques et les bateaux, l’intelligence animale et, plus largement, notre rapport au vivant. Sur le papier, il y avait matière à un roman riche, documenté et véritablement stimulant. Malheureusement, le livre reste largement à la surface de son sujet.

S'entendre - Guillaume Meurice

Pour les lecteurs déjà sensibilisés aux questions écologiques et animales, on reste souvent dans le déjà-vu. Pour les non-initiés, le roman n’apporte pas suffisamment de profondeur pour dépasser le stade de la sensibilisation. Les questions sont posées, mais rarement véritablement explorées.

Le principal reproche que l’on peut faire au livre est son manque de nuance. Les positions sont assez rapidement identifiables : d’un côté ceux qui comprennent et défendent le vivant, de l’autre ceux qui l’exploitent ou refusent de voir la réalité. Or le sujet aurait mérité davantage de contradictions, de complexité et de zones grises.

À plusieurs reprises, Meurice donne également l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. Que l’être humain maltraite son environnement ? Que les animaux sont plus complexes et intelligents qu’on ne le pense ? Que notre vision anthropocentrée du monde pose problème ? Certes. Mais certaines dénonciations sont tellement évidentes qu’elles pourraient presque sortir de la bouche d’un enfant lors d’un cours d’éducation à l’environnement.

Le problème n’est évidemment pas que ces idées soient fausses. C’est qu’elles sont trop simples pour nourrir à elles seules une véritable réflexion littéraire.

À cela s’ajoute un style qui peine à convaincre. On retrouve davantage le chroniqueur ou le polémiste que le romancier. Les dialogues semblent parfois conçus pour faire passer un message plutôt que pour donner vie aux personnages, et la langue manque de finesse et de relief. La simplicité peut être une qualité, mais ici elle tourne parfois à la platitude.

C’est d’autant plus dommage que les orques auraient pu permettre une réflexion passionnante sur notre incapacité à comprendre une intelligence différente de la nôtre. Il aurait fallu accepter le doute, les incertitudes et les contradictions. Au lieu de cela, le roman semble souvent donner les réponses avant d’avoir suffisamment posé les questions.

En définitive, S’entendre est un livre dont les intentions sont plus intéressantes que leur réalisation. Le sujet est passionnant, mais il reste traité en surface ; le propos est engagé, mais manque de nuance ; et le style peine à transformer ces idées en véritable littérature.

On ressort finalement avec l’impression d’avoir beaucoup entendu, mais d’avoir finalement assez peu réfléchi.

Chronique ajoutée ce 24 août 2026 à 10h20.

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