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Ghinzu - W.O.W.A

la note moyenne est 4 sur 5

Il y a des retours qui sentent l'opération marketing; et puis il y a ceux qui ressemblent à une nécessité artistique. Dix-sept ans après Mirror Mirror, les bruxellois de Ghinzu reviennent avec W.O.W.A. (When Other Worlds Await), un quatrième album né d'années d'archives, de disques durs remplis d'idées et d'une envie manifeste de retrouver la flamme sans chercher à recréer le passé.

Ghinzu - W.O.W.A

Dès les premières minutes du morceau-titre, « When Other Worlds Await », on comprend que Ghinzu n'a pas choisi la voie de la nostalgie facile. Les ingrédients qui ont fait la grandeur de Blow sont toujours là : tension dramatique, montée en puissance, goût du grandiose et sens du contraste. Mais là où le groupe cultivait autrefois une urgence presque adolescente, il privilégie aujourd'hui la maîtrise et la profondeur.

Le premier single, « Out of Control », agit comme une passerelle entre les époques. Son énergie immédiate, ses guitares tendues et son refrain fédérateur rappellent le Ghinzu des grandes heures, mais sans l'impression de recyclage que l'on pouvait craindre avant la sortie de l'album.

La vraie réussite de W.O.W.A. réside toutefois dans son équilibre. Le groupe alterne morceaux explosifs (« Death Race », « It's the Law ») et instants plus contemplatifs (« Apologies », « Breathless words»), construisant un album qui s'écoute comme une œuvre cohérente plutôt qu'une collection de singles. Les interludes « Mathias Is Gone » et « #quietluxury » participent à cette dynamique en créant des respirations presque cinématographiques.

Tout n'est cependant pas parfait. Certains titres donnent parfois l'impression d'avoir été polis à l'excès. Là où Blow brillait par son imprévisibilité, W.O.W.A. préfère souvent le contrôle. L'album peut être jugé trop sage, trop pop par rapport à ses prédécesseurs.

Mais ce serait passer à côté de l'essentiel. W.O.W.A. n'est pas le disque d'un groupe qui cherche à revivre 2004. C'est celui d'artistes qui acceptent le poids du temps tout en refusant de devenir leur propre groupe hommage. Après dix-sept ans de silence, Ghinzu ne signe peut-être pas son album le plus révolutionnaire. Il signe en revanche un retour crédible, inspiré et émouvant.

Chronique ajoutée ce 11 juin à 14h55

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