top of page

Interpol - This Mirror Weighs a Ton

la note moyenne est 3.8 sur 5

Avec This Mirror Weighs a Ton, Interpol ne cherche pas à retrouver la fougue de ses débuts. Le groupe préfère regarder son propre héritage avec un peu de recul, sans pour autant abandonner les ingrédients qui ont fait sa réputation : guitares tendues, basse profonde, batterie précise et voix grave de Paul Banks.

Interpol - This Mirror Weighs a Ton

Ce qui frappe d’abord, c’est cette impression de familiarité légèrement déplacée. Interpol joue toujours cette musique nocturne, élégante et mélancolique, mais les arrangements semblent parfois laisser davantage d’espace aux silences et aux textures. Le groupe ne cherche pas l’effet spectaculaire ; il installe plutôt une tension discrète, qui se révèle au fil des écoutes. Les mélodies sont moins immédiatement accrocheuses que sur leurs grands classiques, mais certaines finissent par s’imposer avec une vraie force.

Paul Banks reste évidemment au centre de cette esthétique. Sa voix, toujours aussi reconnaissable, porte ici des textes qui donnent l’impression d’un homme confronté à ses propres souvenirs. Il y a moins de mystère adolescent que de lucidité, moins de fascination pour la nuit que de réflexion sur ce qu’elle laisse derrière elle. Cette dimension apporte une profondeur bienvenue à un groupe dont l’identité a toujours reposé sur une certaine distance émotionnelle.

La limite, c’est que cette maturité peut aussi ressembler à une forme de prudence. Interpol maîtrise tellement son langage qu’il lui arrive de tourner autour des mêmes idées sans parvenir à les dépasser. Là où Turn on the Bright Lights imposait une vision, ce nouvel album propose surtout une variation raffinée sur un univers déjà bien connu. Mais ce n’est pas forcément un défaut rédhibitoire : il y a quelque chose de touchant dans cette fidélité à soi-même, surtout lorsqu’elle s’accompagne de quelques nouvelles nuances.

Au final, This Mirror Weighs a Ton est un album qui ne révolutionne pas Interpol, mais qui confirme sa capacité à créer une musique sombre et élégante sans se laisser enfermer dans la nostalgie. Il ne possède peut-être pas l’impact immédiat de leurs premiers disques, mais il gagne à être écouté dans son ensemble, comme une œuvre de maturité plutôt que comme une tentative de retour en arrière.

Verdict : 7,5/10. Un disque solide, mélancolique et soigneusement construit, qui ne fera pas changer d’avis les détracteurs du groupe, mais qui devrait satisfaire ceux qui aiment retrouver Interpol dans ce qu’il a de plus singulier.

Nos réseaux sociaux
  • Facebook
  • Instagram
  • YouTube

Le contenu du présent site internet ne peut être reproduit, distribué, transmis, copié ou utilisé d'aucune manière, sauf permission expresse et écrite de son auteur.

bottom of page