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Muse - The Wow! Signal

la note moyenne est 3.5 sur 5

Après plusieurs albums ayant divisé leur public, Muse semblait à un tournant. Entre l'ambition parfois caricaturale de Simulation Theory et le rock de stade un peu convenu de Will of the People, le trio de Teignmouth avait donné l'impression de tourner en rond. Avec The Wow! Signal, son dixième album, le groupe retrouve enfin ce qui a toujours fait sa force : une démesure assumée mise au service de véritables chansons.

Muse - The Wow! Signal

Inspiré du célèbre signal radio capté en 1977, l'album explore les thèmes de l'inconnu, de la solitude cosmique et de la quête de sens. Matt Bellamy délaisse en partie les slogans politiques qui dominaient les précédents disques pour écrire des textes plus intimes, où les métaphores spatiales cachent des blessures personnelles. Ce changement d'approche apporte une profondeur bienvenue à un univers qui pouvait parfois sembler uniquement spectaculaire.

Musicalement, Muse n'a rien perdu de son goût pour les excès. Les guitares saturées côtoient les synthétiseurs rétrofuturistes, les orchestrations hollywoodiennes croisent des rythmiques électroniques et des chœurs grandiloquents. Pourtant, contrairement à certains albums passés, cette accumulation d'idées paraît étonnamment cohérente. Les dix titres s'enchaînent sans temps mort et, avec seulement quarante-cinq minutes au compteur, le groupe évite enfin les longueurs qui plombent parfois ses œuvres les plus ambitieuses.

Les moments forts ne manquent pas. « Cryogen » rappelle le Muse abrasif d'Absolution, tandis que « Hexagons » conjugue puissance progressive et mélodies immédiates. Plus surprenant, « Nightshift Superstar » ose un mélange de disco et de rock qui évoque autant Daft Punk que le Muse de « Supermassive Black Hole », avec un résultat bien plus convaincant qu'on aurait pu l'imaginer. Même la ballade « Be With You » échappe au pathos grâce à une sincérité inhabituelle chez Bellamy.

Tout n'est pas parfait. Certains refrains flirtent encore avec l'autoparodie, et Bellamy conserve cette tendance à transformer chaque émotion en apocalypse intergalactique. Ceux qui reprochent depuis longtemps au groupe son absence de retenue n'y trouveront probablement pas de quoi changer d'avis. Mais c'est précisément cette absence de compromis qui rend The Wow! Signal aussi attachant : Muse assume pleinement sa démesure au lieu d'essayer de la justifier.

Au fond, cet album ressemble à une réconciliation avec son propre héritage. Il ne cherche ni à refaire Origin of Symmetry, ni à poursuivre les expérimentations parfois maladroites des dernières années. Il rappelle simplement que Muse reste l'un des rares groupes capables de transformer le rock de stade en véritable opéra de science-fiction sans perdre totalement le sens de la mélodie.

Note : 8,5/10

The Wow! Signal n'est peut-être pas le chef-d'œuvre absolu que certains fans espéraient, mais c'est incontestablement le meilleur album de Muse depuis plus d'une décennie : spectaculaire, inspiré et, surtout, suffisamment audacieux pour rappeler pourquoi le trio demeure une formation à part dans le paysage rock contemporain.

Chronique ajoutée ce 30 juin à 16h12.

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