Muse - The Wow! Signal
Après plusieurs albums qui ont divisé, Muse retrouve enfin ce qui a toujours fait sa force : une démesure assumée mise au service de véritables chansons. Musicalement, Muse n'a rien perdu de son goût pour les excès. Les guitares saturées côtoient les synthétiseurs rétrofuturistes, les orchestrations hollywoodiennes croisent des rythmiques électroniques et des chœurs grandiloquents. Pourtant, contrairement à certains albums passés, cette accumulation d'idées paraît étonnamment cohérente.

Les moments forts ne manquent pas. « Cryogen » rappelle le Muse abrasif d'Absolution, tandis que « Hexagons » conjugue puissance progressive et mélodies immédiates. Plus surprenant, « Nightshift Superstar » ose un mélange de disco et de rock qui évoque autant Daft Punk que le Muse de « Supermassive Black Hole », avec un résultat bien plus convaincant qu'on aurait pu l'imaginer.
Tout n'est pas parfait. Certains refrains flirtent encore avec l'autoparodie, et Bellamy conserve cette tendance à transformer chaque émotion en apocalypse intergalactique. Ceux qui reprochent depuis longtemps au groupe son absence de retenue n'y trouveront probablement pas de quoi changer d'avis.
Au fond, cet album ressemble à une réconciliation avec son propre héritage. Il ne cherche ni à refaire Origin of Symmetry, ni à poursuivre les expérimentations parfois maladroites des dernières années. Il rappelle simplement que Muse reste l'un des rares groupes capables de transformer le rock de stade en véritable opéra de science-fiction sans perdre totalement le sens de la mélodie.
The Wow! Signal n'est peut-être pas le chef-d'œuvre absolu que certains fans espéraient, mais c'est incontestablement le meilleur album de Muse depuis plus d'une décennie : spectaculaire, inspiré et, surtout, suffisamment audacieux pour rappeler pourquoi le trio demeure une formation à part dans le paysage rock contemporain.
Chronique ajoutée ce 30 juin à 16h12.
