The Strokes - Reality Awaits
Vingt-cinq ans après Is This It, les Strokes auraient pu choisir la facilité : ressortir leurs riffs de guitare chantant, leurs refrains imparables et leur nonchalance new-yorkaise; bref, ces ingrédients qui ont fait leur légende. Ils choisissent plutôt exactement l’inverse avec ce nouvel album Reality Awaits.

Le septième album du groupe est étrange, déroutant, mais surtout très libre en ce qu'il témoigne d'une volonté de prendre des risques et ne pas pas s'astreindre à satisfaire à tout prix la presse ou sa fanbase.
Julian Casablancas y pousse encore plus loin les expérimentations qu’il mène avec les Voidz : Auto-Tune très présent, voix déformées, synthétiseurs, arrangements qui partent parfois dans des directions inattendues. Tout n’est pas réussi — certains effets vocaux finissent par fatiguer — mais il y a quelque chose de réjouissant à voir les Strokes refuser de devenir un groupe nostalgique.
Certains morceaux sont une franche réussite: Psychot Shit, Dine N'Dash, Going to Babble On et Liar's Remorse; là où d'autres semblent expérimenter pour expérimenter sans former quelque chose d'abouti ou de cohérent. The Fruits of Conquest et Tyrants of the Mellow Moon passent plus inaperçus et leur utilité questionne.
Reality Awaits n’est donc ni un retour aux sources ni un nouveau Is This It. C’est un album plus imparfait et plus expérimental. Par moments, il agace. Mais lorsqu’il trouve son équilibre, il rappelle que le groupe a encore quelques surprises en réserve.
Chronique ajoutée ce 16 août 2026 à 14h15.
