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Gourou

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En s'intéressant à l'univers des coachs en développement, devenus des figures d'influence quasi messianiques, Yann Gozlan s'empare d'un sujet profondément contemporain. Entre manipulation mentale, culte de la réussite et besoin de croire en des figures providentielles, la matière est riche et promet une réflexion stimulante sur les nouvelles formes d'emprise. Malheureusement, le film finit par passer à côté de son sujet.

Gourou

Le premier problème tient à son personnage principal incarné par Pierre Niney qui peine ici à convaincre. On ne retrouve jamais chez lui le magnétisme ni l'autorité naturelle que l'on imagine chez un coach capable de remplir des salles entières et de susciter une telle adhésion. Le scénario nous répète sans cesse qu'il est un gourou adulé, mais la prestation de Niney ne parvient jamais réellement à nous le faire croire. Cette absence de crédibilité affaiblit considérablement l'ensemble du récit.

Le film centre également une partie de son récit sur les grands rassemblements organisés par le personnage principal. Or, ces scènes de meetings constituent rapidement l'un des aspects les plus laborieux du film. Répétitives, démonstratives et souvent caricaturales, elles s'enchaînent sans apporter grand-chose de nouveau. Là où elles devraient illustrer la montée en puissance du personnage et la fascination qu'il exerce sur ses adeptes, elles finissent surtout par alourdir le récit et accentuer son manque de nuance.

À mesure que l'histoire progresse, Gourou semble surtout se perdre dans ses intentions. Veut-il dénoncer les dérives du développement personnel ? Explorer les ressorts psychologiques de la manipulation ? Critiquer la société de l'influence ? Interroger notre besoin collectif de croire en des figures providentielles ? Le film aborde toutes ces pistes sans jamais en approfondir aucune. Cette hésitation permanente donne le sentiment d'un scénario qui accumule les thèmes plutôt qu'il ne construit un véritable propos.

Cette dispersion est d'autant plus problématique que le film tire en longueur. Malgré une idée de départ prometteuse, la narration s'étire inutilement, multiplie les séquences redondantes et peine à maintenir une véritable tension dramatique. Le récit tourne souvent en rond et semble incapable de choisir une direction claire.

La fin cristallise d'ailleurs toutes les limites du film. Le film s'interrompt sans véritable résolution. Cette ambiguïté pourrait être stimulante si elle prolongeait une réflexion solide, mais elle apparaît surtout comme l'ultime illustration d'un film qui refuse de trancher. Ni véritable chute, ni consécration, ni dénonciation : Gourou semble s'arrêter avant d'avoir formulé ce qu'il voulait réellement dire.

C'est finalement ce qui rend l'ensemble frustrant. Derrière un sujet intéressant se cache un film qui reste constamment à la surface de son propos. En cherchant à être à la fois thriller paranoïaque, satire sociale et étude de l'emprise, Gourou finit par n'atteindre aucune de ces ambitions.

Chronique ajoutée ce 17 juin 2026 à 16h32

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