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Diables blancs - James Robert Baker

average rating is 4.2 out of 5

Resté inédit du vivant de James Robert Baker et publié en français pour la première fois en 2026, ce roman apparaît aujourd'hui comme une pièce essentielle de l'œuvre de cet écrivain culte de la contre-culture américaine: Diables blancs est un feu d'artifice de cynisme, de folie et de violence. Un cocktail particulièrement jouissif.

Diables blancs - James Robert Baker

Le roman relate la vie de Tom Dunbar, qui, après le succès d'un best-seller inspiré d'un fait divers, voit sa carrière s'effondrer. Les finances du couple qu'il forme avec Beth, son épouse aussi fascinante que toxique, virent au rouge. Menacés de perdre leur luxueuse maison de Los Angeles, les deux amants élaborent alors un plan de plus en plus délirant pour sauver leur train de vie. Ce qui commence comme une satire sociale féroce bascule progressivement dans un cauchemar criminel où l'avidité, le ressentiment et la paranoïa consument tout sur leur passage.

Le récit avance comme une confession sous amphétamines, emportant le lecteur dans le flot mental de Tom. L'auteur excelle à rendre ses personnages détestables tout en les rendant étrangement captivants. On rit souvent, mais d'un rire jaune, tant les situations révèlent la bassesse humaine derrière les apparences de réussite et de respectabilité.

L'écriture est d'une modernité saisissante. Bien qu'écrit dans les années 1990, le livre semble dialoguer avec notre époque obsédée par l'image, le succès et l'argent. On y retrouve l'esprit corrosif de Bret Easton Ellis, la noirceur de Jim Thompson et parfois l'acuité sociale de Truman Capote, mais Baker conserve une voix singulière, plus excessive, plus furieuse et plus dangereuse encore. Cette singularité explique sans doute pourquoi son œuvre continue d'acquérir un statut culte près de trente ans après sa disparition.

Diables blancs est un roman qui provoque, dérange et amuse avec la même intensité. Derrière son humour noir et ses excès se cache une réflexion féroce sur l'ambition, la frustration et l'abjection morale. Un livre incandescent, aussi hilarant qu'inquiétant, qui confirme que James Robert Baker fut l'un des écrivains américains les plus radicaux et les plus injustement méconnus de sa génération.

Chronique ajoutée ce 23 juin 2026 à 12h00.

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