Je suis né dans la tempête - Jérôme Colin
Jérôme Colin continue d’explorer avec justesse les fragilités de l’adolescence et de la jeunesse face à un monde en crise. Cette fois, il remonte à la source : non plus seulement les blessures des ados, mais le monde dans lequel ils naissent et grandissent, un monde où tout semble devoir s’accélérer.

Valério, naît le 9 janvier 2007, le jour même où Steve Jobs présente le premier iPhone, une coïncidence fondatrice. Le roman suit les seize premières années de sa vie, dans une époque où tout s’emballe : le vacarme numérique, social et affectif remplace progressivement les temps morts, les silences et les refuges. Valério grandit dans un univers où les téléphones deviennent intelligents, où les quartiers se transforment, où les adultes courent après le temps et où l’on attend de lui qu’il suive le mouvement.
Entre une famille qui vacille, des amitiés qui se transforment et la difficulté de trouver sa place, Valério tente simplement de rester debout. L'auteur alterne le récit intime du garçon avec des repères historiques et technologiques qui rappellent à quel point le quotidien a changé en moins de vingt ans. Cette construction hybride évite le piège du simple essai sociologique et donne au livre une vraie chair romanesque.
Je suis né dans la tempête est un vrai miroir de notre époque. Le récit est bien mené, l'écriture est rythmée, épurée, précise, sensible d'une grande justesse. C'est un livre qui ne cherche pas à nous faire la morale. Il nous invite simplement à nous demander si nous voulons continuer à courir, ou si nous pouvons encore apprendre à habiter le temps, à retrouver de la lenteur et à admirer la beauté du monde.
Chronique ajoutée ce 15 septembre 2026 à 21h00.
