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Je voulais vivre - Adélaïde de Clermont-tonnerre

average rating is 4.5 out of 5

Dans Je voulais vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre redonne chair et voix à l’une des figures les plus célèbres et controversées de la littérature d’aventures : Milady de Winter, issue de l’univers des Les Trois Mousquetaires de Alexandre Dumas. Plutôt que de reprendre le personnage tel qu’il a été figé par la tradition — intrigante, perfide, presque démoniaque — le roman choisit de remonter à la source. Qui était cette femme avant de devenir un mythe ? Qu’a-t-elle traversé pour se transformer en figure de pouvoir et de manipulation ?

Je voulais vivre - Adélaïde de Clermont-tonnerre

Le récit s’ouvre sur l’enfance d’une petite fille marquée par l’abandon et la violence. Dès les premières pages, on comprend que la survie sera le moteur de toute son existence. Dans un XVIIᵉ siècle où la destinée des femmes dépend des hommes qui les possèdent ou les protègent, elle apprend à observer, à dissimuler, à anticiper. Ce que d’autres appelleront plus tard duplicité apparaît ici comme une stratégie de défense. La romancière construit ainsi un personnage profondément humain : ni héroïne idéalisée ni simple antagoniste, mais une femme façonnée par les humiliations, les trahisons et une volonté farouche de ne plus jamais subir.

L’un des grands intérêts du roman réside dans ce déplacement du regard. En donnant la parole à Milady, Adélaïde de Clermont-Tonnerre interroge la manière dont l’histoire — et la fiction — ont longtemps condamné les femmes ambitieuses. Derrière les intrigues politiques et les jeux de séduction, c’est la question de la liberté qui affleure sans cesse. Peut-on choisir sa vie lorsque tout, dans la société, vous assigne une place ? Jusqu’où faut-il aller pour conquérir une forme d’indépendance ?

L’écriture, ample et immersive, restitue avec soin l’atmosphère de l’époque tout en laissant une large place à l’intériorité. Les scènes de tension alternent avec des passages plus introspectifs, où affleurent les doutes et les blessures d’une femme qui aspire, avant tout, à exister pleinement. Le titre prend alors tout son sens : “je voulais vivre” n’est pas une plainte, mais une déclaration. Une affirmation presque désespérée d’un droit fondamental.

Au final, le roman dépasse la simple réécriture historique. Il propose une réflexion sur la construction des figures féminines, sur la violence sociale et sur la part d’ombre que chacun porte en soi. En refermant le livre, il est difficile de regarder Milady de la même manière : non plus seulement comme l’ennemie des mousquetaires, mais comme une femme qui, dans un monde hostile, a tenté de prendre en main son destin.

Chronique ajoutée le 19 février 2026 à 17h59.

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