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L'adolescence du perroquet - Amélie Nothomb

average rating is 1.8 out of 5

Il y a quelque chose d’assez triste dans L’Adolescence du perroquet. Non pas dans l’histoire elle-même — un homme, un perroquet, une relation qui se dégrade — mais dans l’impression que laisse le livre une fois refermé : celle d’avoir attendu quelque chose qui ne vient jamais.

L'adolescence du perroquet - Amélie Nothomb


Amélie Nothomb publie désormais avec une régularité presque institutionnelle. L’Adolescence du perroquet est son 35e roman. Cette fidélité au rendez-vous annuel pourrait être admirable si elle s’accompagnait toujours d’une véritable nécessité romanesque. Ici, le lecteur peut avoir l’impression inverse : celle d’un livre qu’il faut publier parce que, chaque année, il faut un nouveau Nothomb.

Le sujet aurait pourtant pu donner lieu à une belle réflexion sur la solitude, l’amour, la dépendance et la domination. Mais le roman se contente trop souvent de poser ces thèmes sans les creuser. Le perroquet est insupportable, Alban s’attache, souffre, tente de comprendre : puis le mécanisme recommence. Le récit tourne en boucle et l’idée s’épuise rapidement.

On comprend ce que Nothomb veut dire, mais on ne ressent pas grand-chose. La formule « l’amour n’est pas un dû », qui résume en partie le propos du livre, est intéressante ; encore aurait-il fallu que le roman l’explore véritablement plutôt que de simplement l’illustrer.

On retrouve pourtant ce qui fait le charme habituel de Nothomb : une écriture limpide, des situations décalées, un goût pour l’absurde et quelques formules bien frappées. Le roman peut donc se lire agréablement. Mais cette facilité devient ici presque un défaut. Tout semble écrit pour être immédiatement efficace, immédiatement identifiable, immédiatement « nothombien ».

C’est peut-être le plus triste dans ce livre : on a davantage l’impression de retrouver une mécanique que de découvrir une œuvre. Nothomb semble parfois écrire moins parce qu’elle a une histoire à raconter que parce qu’un nouveau roman est attendu chaque année.

Impossible, bien sûr, de savoir ce qui relève réellement d’une contrainte éditoriale. Mais c’est l’impression que peut laisser ce roman : celle d’un rendez-vous annuel devenu une routine.

L’Adolescence du perroquet n’est donc pas un livre mal écrit. Il est simplement trop léger pour les questions qu’il prétend poser, trop répétitif pour vraiment captiver, et surtout trop peu émouvant.

On referme le livre avec le sentiment que Nothomb avait une idée, mais pas forcément un roman à écrire.

Chronique ajoutée ce 25 août 2026 à 11h14.

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