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Une pension en Italie - Philippe Besson

average rating is 1.9 out of 5

Avec Une pension en Italie, Philippe Besson livre un roman qui peine à convaincre. Dès les premières pages, le décor — une pension en Toscane dans les années 1960 — semble offrir un terrain idéal pour ce récit dramatique. Pourtant, cette promesse reste largement inexploitée. La Toscane, que l’on attend vibrante, solaire, presque charnelle, demeure étrangement lointaine, comme esquissée à grands traits. On ne ressent ni la chaleur, ni les odeurs, ni la beauté des paysages : tout glisse sans jamais vraiment s’incarner.

Une pension en Italie - Philippe Besson

Le principal écueil du roman reste sans doute sa thématique. Le secret familial, la révélation tardive, l’identité empêchée… autant de motifs déjà largement explorés en littérature. Ici, ils sont traités de manière assez convenue, sans véritable angle neuf ni profondeur supplémentaire. Le lecteur anticipe rapidement les ressorts du récit, ce qui atténue considérablement son impact.

L’écriture, quant à elle, frappe par sa neutralité. Fidèle au style épuré de Besson, elle apparaît ici surtout comme dépouillée au point de devenir presque impersonnelle. Le texte avance vite — trop vite — en enchaînant les événements sans leur laisser le temps de respirer. Ce rythme précipité empêche toute véritable montée en émotion : les scènes clés passent sans marquer, et les moments censés être bouleversants restent étonnamment plats.

Ce manque d’intensité est accentué par la caractérisation des personnages. Ceux-ci restent en surface, définis par quelques traits mais rarement approfondis. Il devient alors difficile de s’y attacher ou même de croire pleinement à leur histoire. Le drame qui les traverse manque de chair, comme si tout se déroulait à distance.

Au final, Une pension en Italie donne le sentiment d’un roman trop vite écrit, trop vite lu, qui effleure ses sujets sans jamais les creuser. Là où l’on espérait une immersion et une émotion durable, on ne trouve qu’un récit fluide mais désincarné.

Chronique ajoutée ce 22 mars 2026 à 20h01.

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